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jeudi 27 août 2015

Burkina : déclarés inéligibles, les pro-Compaoré appellent à la désobeissance civile

Mercredi 26 août 2015, à son siège, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) et des partis politiques de l’ex majorité ont animé une conférence de presse en réaction à la décision du Conseil constitutionnel déclarant inéligibles 42 candidatures pour les Législatives du 11 octobre 2015.

Lors d’une conférence de presse mercredi à son siège, par la voix de Achille Tapsoba, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) et d’autres partis de l’ancienne majorité, a estimé que ladécision du Conseil constitutionnel relative à l’inéligibilité de certains membres de l’ex-parti au pouvoiret des partis de l’ex-Front républicain « viole la loi parce qu’elle est rendue hors délai légale au regard de l’article 96 du Code électoral qui dispose que le Conseil constitutionnel doit se prononcer dans les 8 jours de sa saisine après la clôture des délais ».

En outre, l’ex-majorité évoque le « parjure » du président de transition Michel Kafando, lequel avait promis, à son sens, que le Burkina se conformerait à cette décision. L’immunité parlementaire est également invoquée pour contrer la déclaration d’inéligibilité des anciens députés. Autant de raisons qui motivent le parti de l’ex-majorité à qualifier le Conseil constitutionnel de « justice aux ordres ». Il estime qu’il s’est décrédibilisé et n’est pas apte à être le gardien de la Constitution .

Le CDP rejette donc cette décision et menace de boycotter les élections si ses candidats ne sont pas réintégrés au processus électoral. « Si nos membres exclus des élections ne sont pas réintégrés, nous n’allons à aucune élection. Nous n’avaliserons pas une opération de transmission du pouvoir maquillée en élections », a déclaré Achille Tapsoaba. Il appelle également ses militants à entrer en désobéissance civile. « Nous appelons nos militants, de même que tous les défenseurs de la démocratie, sur toute l’étendue du territoire à entreprendre toute action entrant dans le sens de la désobéissance civile », a déclaré Achille Tapsoaba.

Les responsables des partis politiques de l’ex-Front républicain et alliés estiment que cette décision porte en elle-même les germes de la division des fils d’un même pays et pire, les prédispose à l’affrontement. C’est pourquoi, ils disent tenir pour responsables le Conseil constitutionnel et les autorités de la Transition de toute situation qui pourrait en résulter. A en croire le groupe de l’appel du 9 avril, le Conseil constitutionnel a dit non à la décision de la Cour de justice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). « De la même manière, nous disons non à la décision du Conseil constitutionnel qui est anticonstitutionnelle et anti-juridique », a déclaré Achille Tapsoba.

Pour ce dernier, si les membres du groupe exclus des élections ne sont pas réintégrés, « nous n’allons à aucune élection », a-t-il conclu, avant que le président du CDP, Eddie Komboïgo, ne précise que le groupe n’incite pas ses militants à user de la violence.

Usain Bolt champion du monde du 200m aux mondiaux de Pékin !

Usain Bolt a conservé son invincibilité sur 200m, sa distance fétiche, aux Mondiaux de Pékin. Auteur d’un finish impressionnant, le Jamaïcain a remporté, jeudi à Pékin, le titre mondial sur 200m, avec un chrono de 19 »55. Usain Bolt qui décroche là sa quatrième médaille d’or aux Mondiaux sur la distance, a nettement devancé Justin Gatlin (19 »74), auteur pourtant d’un départ tonitruant, et Anaso Jobodwana (19 »87), qui complète le podium.

Comme sur le 100 m, le Jamaïcain Usain Bolt a de nouveau dominé l’Américain Justin Gatlin, suspendu à deux reprises pour dopage, pour conserver jeudi son titre de champion du monde du 200 m, aux Mondiaux de Pékin.

Burkina : déclarés inéligibles, les pro-Compaoré appellent à la désobeissance civile

Mercredi 26 août 2015, à son siège, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) et des partis politiques de l’ex majorité ont animé une conférence de presse en réaction à la décision du Conseil constitutionnel déclarant inéligibles 42 candidatures pour les Législatives du 11 octobre 2015.

Lors d’une conférence de presse mercredi à son siège, par la voix de Achille Tapsoba, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) et d’autres partis de l’ancienne majorité, a estimé que ladécision du Conseil constitutionnel relative à l’inéligibilité de certains membres de l’ex-parti au pouvoiret des partis de l’ex-Front républicain « viole la loi parce qu’elle est rendue hors délai légale au regard de l’article 96 du Code électoral qui dispose que le Conseil constitutionnel doit se prononcer dans les 8 jours de sa saisine après la clôture des délais ».

En outre, l’ex-majorité évoque le « parjure » du président de transition Michel Kafando, lequel avait promis, à son sens, que le Burkina se conformerait à cette décision. L’immunité parlementaire est également invoquée pour contrer la déclaration d’inéligibilité des anciens députés. Autant de raisons qui motivent le parti de l’ex-majorité à qualifier le Conseil constitutionnel de « justice aux ordres ». Il estime qu’il s’est décrédibilisé et n’est pas apte à être le gardien de la Constitution .

Le CDP rejette donc cette décision et menace de boycotter les élections si ses candidats ne sont pas réintégrés au processus électoral. « Si nos membres exclus des élections ne sont pas réintégrés, nous n’allons à aucune élection. Nous n’avaliserons pas une opération de transmission du pouvoir maquillée en élections », a déclaré Achille Tapsoaba. Il appelle également ses militants à entrer en désobéissance civile. « Nous appelons nos militants, de même que tous les défenseurs de la démocratie, sur toute l’étendue du territoire à entreprendre toute action entrant dans le sens de la désobéissance civile », a déclaré Achille Tapsoaba.

Les responsables des partis politiques de l’ex-Front républicain et alliés estiment que cette décision porte en elle-même les germes de la division des fils d’un même pays et pire, les prédispose à l’affrontement. C’est pourquoi, ils disent tenir pour responsables le Conseil constitutionnel et les autorités de la Transition de toute situation qui pourrait en résulter. A en croire le groupe de l’appel du 9 avril, le Conseil constitutionnel a dit non à la décision de la Cour de justice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). « De la même manière, nous disons non à la décision du Conseil constitutionnel qui est anticonstitutionnelle et anti-juridique », a déclaré Achille Tapsoba.

Pour ce dernier, si les membres du groupe exclus des élections ne sont pas réintégrés, « nous n’allons à aucune élection », a-t-il conclu, avant que le président du CDP, Eddie Komboïgo, ne précise que le groupe n’incite pas ses militants à user de la violence.

Usain Bolt champion du monde du 200m aux mondiaux de Pékin !

Usain Bolt a conservé son invincibilité sur 200m, sa distance fétiche, aux Mondiaux de Pékin. Auteur d’un finish impressionnant, le Jamaïcain a remporté, jeudi à Pékin, le titre mondial sur 200m, avec un chrono de 19 »55. Usain Bolt qui décroche là sa quatrième médaille d’or aux Mondiaux sur la distance, a nettement devancé Justin Gatlin (19 »74), auteur pourtant d’un départ tonitruant, et Anaso Jobodwana (19 »87), qui complète le podium.

Comme sur le 100 m, le Jamaïcain Usain Bolt a de nouveau dominé l’Américain Justin Gatlin, suspendu à deux reprises pour dopage, pour conserver jeudi son titre de champion du monde du 200 m, aux Mondiaux de Pékin.

N comme Négus: Haïlé Sélassié, dernier empereur d’Ethiopie

Monarque charismatique, descendant d’une lignée ancienne, Haïlé Sélassié fut l’une des figures majeures de l’Afrique du XXe siècle, avant d’être renversé par les communistes. Mais si l’Ethiopie contemporaine entretient des rapports ambigus avec son dernier grand homme d’Etat, le Jamaïcain Bob Marley n’a pas attendu le feu vert des autorités d’Addis Abeba pour l’immortaliser à travers ses chansons.

Le 27 août 1975, il y a 40 ans jour pour jour, disparaissait Haïlé Sélassié, le dernier empereur d’Ethiopie. Le vieux monarque croupissait depuis plusieurs mois dans les geôles de la junte militaire « révolutionnaire » qui avait renversé son régime l’année précédente. Il meurt à l’âge de 85 ans, officiellement des suites d’une opération de la prostrate, plus vraisemblablement étouffé sur ordre de son successeur le colonel Mengistu Haïlé Mariam.

Le Négus, le Roi des rois, était devenu une figure controversée dans son pays depuis que son peuple avait pu apercevoir les images du reportage d’un caméraman britannique Jonathan Dimbleby, montrant l’empereur nourrissant ses chiens avec tendresse au plus fort de la famine de 1974, qui fit, on s’en souvient, plus de 200 000 victimes en Ethiopie. Ses admirateurs le créditent d’avoir sorti son pays du Moyen Âge pendant son long règne de 44 ans et d’avoir réussi à lui donner, grâce à sa diplomatie tous azimuts et son charisme, un rayonnement international que peu de nations africaines connaissaient à l’époque. Lors de son couronnement en 1930, l’Ethiopie s’appelait encore Abyssinie. La présence du Négus vieillissant aux funérailles de Kennedy et de De Gaulle, partageant la tribune avec les grands du monde, illustre combien l’image internationale de ce pays avait changé sous la houlette de son souverain réformateur. Portrait en sept mots.

Dynastie : 225e descendant direct de la légendaire dynastie du roi Salomon et de la reine de Saba, Haïlé Sélassié présida aux destinées d’un pays à l’histoire ancienne et farouchement indépendant. Vieille monarchie héréditaire de droit divin, l’Ethiopie est le seul Etat africain à avoir toujours conservé son indépendance et à avoir résisté aux tentatives d’hégémonie étrangère. La lignée dite « salamonide » dont  Sélassié était issu remonte à plus de 3 000 ans.

Couronnement : Le futur monarque naît en1892 sous le nom de Tafari Makonnen (« celui qui est craint »). Son père était gouverneur de la province du Harar en Ethiopie et un héros de la bataille d’Adoua de 1896 remportée par les troupes éthiopiennes contre les Italiens. L’empereur régnant Ménélik II était son grand-oncle. En 1916, une assemblée de notables dépose le petit-fils et l’héritier de Ménélik pour proclamer sa fille impératrice d’Ethiopie et son cousin Ras (« Duc ») Tafari régent de la Couronne. A la mort de sa cousine en 1930, le régent monte sur le trône sous le nom de « Haïlé Sélassié 1er », qui signifie « le pouvoir de la Trinité ». L’empereur se fait également appeler « Roi des rois d’Ethiopie, seigneur des Seigneurs, Lion conquérant du royaume de Juda, Lumière du Monde, élu de Dieu ». La cérémonie de couronnement du nouvel empereur dans la cathédrale Saint-Georges d’Addis Abeba, à laquelle assistaient des représentants de douze pays dont le duc de Gloucester, un maréchal de France et un prince italien, fut fastueuse et eut un retentissement mondial. Haïlé Sélassié fit la couverture de l’hebdomadaire américain Time Magazine qui le proclama « Homme de l’année 1930 ».

Réformateur : Poursuivant la politique progressiste de ses prédécesseurs, le nouveau Négus se lança dès le lendemain de son investiture dans un vaste programme de modernisation sociale et économique de son pays, avec des succès souvent mitigés, notamment en matière de réformes agraires. Il promulgua des décrets pour abolir l’esclavage et inspira la rédaction de la première Constitution écrite qui entra en vigueur en 1931, créant une Assemblée nationale avec deux entités dont une Chambre de sénateurs. Ses admirateurs soulignent l’approche progressiste de l’empereur en rappelant que durant son règne, les premières écoles, universités, le premier hôpital, la compagnie aérienne (Ethiopian Airlines) et celle d’électricité, la radio et la télévision ainsi qu’une armée moderne furent mises en chantier.

Anti-fasciste : L’Ethiopie était le seul Etat africain à faire partie de la Société des Nations (SDN), et cela dès 1923. Malgré cette affiliation, le pays se retrouva dans un cruel isolement au moment de son invasion par l’armée de l’Italie fasciste de Benito Mussolini en 1935. Haïlé Sélassié en personne commanda les troupes éthiopiennes, mais sa résistance valeureuse ne suffit pas. En juin 1936, le monarque éthiopien se rend à Génève et depuis la tribune de la SDN lance un appel à l’aide aux puissances occidentales, déclarant que le monde civilisé « creusait sa propre tombe » s’il ne réagissait pas militairement à l’agression italienne en Ethiopie. Le discours prononcé par l’empereur plaidant la cause de sa patrie à Genève est resté dans les annales de la communauté internationale. Lâché par la SDN, l’empereur s’exila à Bath, en Angleterre, mais il prendra sa revanche sur les Italiens en 1941, à la faveur de la déclaration de guerre de l’Italie aux alliés pendant la Seconde guerre mondiale. Aidé par les brigades indo-britanniques, Sélassié reprit le contrôle de son pays en mai 1941. Il profita de la mise en coupe réglée de l’Italie par les puissances alliées de la Seconde Guerre mondiale pour récupérer l’Erythrée, colonie italienne depuis la fin du XIXe siècle.

 L’empereur éthiopien Haïlé Sélassié Ier accueille le président du Ghana, Kwame Nkrumah, venu à Addis-Abeba, le 25 mai 1963, pour assister à la conférence constitutive de l’OUA. AFP

Panafricaniste : Auréolé de son combat de première heure contre le fascisme, Haïlé Sélassié est devenu après la guerre l’un des premiers représentants du continent noir sur la scène mondiale. En Afrique, sa résistance face à l’Italie coloniale a servi de modèle aux mouvements indépendantistes à travers le continent. Faisant fi de la division idéologique du continent africain favorisée par la Guerre froide, il entretenait d’excellentes relations avec des hommes aussi différents que Houphouët-Boigny et Nkrumah, Ben Bella et Hassan II. Il soutenait les mouvements de libération nationale, le GPRA en Algérie coloniale, les nationalistes du Kenya, d’Ouganda, des Rhodésies, de l’Angola. Il alla jusqu’à rompre les relations diplomatiques avec le Portugal en guise de protestation contre la politique coloniale de Lisbonne et déposa plainte à la Cour internationale de la Haye contre la politique de discrimination raciale pratiquée en Afrique du Sud. L’Ethiopie de Haïlé Sélassié incarne la volonté d’indépendance de l’Afrique, ce qui explique qu’en 1963 la capitale éthiopienne Addis Abeba est choisie comme siège de l’OUA, la première organisation panafricaine. Le 25 mai 1963, à l’occasion de la création de l’OUA, c’est l’empereur de l’Ethiopie qui prononça le discours inaugural, appelant les pays africains réunis à Addis Abeba à surmonter leurs divisions idéologiques pour bâtir l’Afrique de demain. Haïlé Sélassié est considéré avec Kwame Nkrumah comme l’un des pères du panafricanisme.

Féodal : En 1955, l’empereur fait promulguer une nouvelle Constitution qui donne plus de pouvoir à la chambre basse du Parlement, sans toutefois toucher aux privilèges féodaux de la noblesse. Malgré les réformes sociales engagées par Sélassié depuis son retour au pouvoir, l’Ethiopie est restée pendant son règne un pays féodal, figé dans ses structures archaïques. Le sort de ses paysans maintenus sous la férule d’une aristocratie oppressive et prédatrice n’est pas sans rappeler la condition des serfs et des petits paysans dans la Russie pré-révolutionnaire. Le Négus dirigeait un système fermé qui maintenait la majorité de la population dans une misère profonde, contrastant avec l’opulence des palais royaux. Dans les années 1960, l’empereur fit preuve d’inertie face au mécontentement montant parmi les étudiants et l’élite, préférant laisser pourrir la situation. La radicalisation des contestations conjuguée avec les effets de la crise économique qui s’abat de plein fouet sur l’Ethiopie au début des années 1970, conduit au renversement du régime impérial le 12 septembre 1974 par un coup d’Etat militaire. C’est la fin de 3 000 ans de monarchie éthiopienne.

Héritage : Haïlé Selassié meurt le 25 ou le 27 août 1975. Mais c’est seulement en 1992, un an après la chute du régime militaro-marxiste de Mengistu qui a gouverné l’Ethiopie depuis le coup d’Etat de 1974, que la dépouille de l’empereur a été exhumée et déposée dans un mausolée d’Addis Abeba. Il a fallu ensuite attendre encore 8 ans pour les funérailles religieuses qui se sont déroulées le 5 novembre 2000, mais sans ferveur populaire. Les médias officiels ont fait l’impasse sur l’événement, traduisant l’embarras des autorités éthiopiennes post-marxistes. Celles-ci ne se reconnaissent pas dans la figure de ce monarque absolu de droit divin qu’elles qualifient d’oppresseur. Elles l’accusent par ailleurs d’avoir placé à l’étranger d’énormes sommes d’argent. Vénéré comme un dieu de son vivant, l’empereur est définitivement tombé en disgrâce dans son pays, alors qu’en Occident les historiens continuent de se débattre pour décider si l’homme tenait plus d’un « despote démagogue » que d’un « monarque éclairé ». Mais le Négus n’a que faire de ces  querelles, car son immortalité est assurée depuis belle lurette, grâce aux mélodies engagées des rastafariens, adeptes de la religion popularisée par Bob Marley. Venus nombreux aux funérailles de l’empereur déchu, ceux-ci considèrent le roi Sélassié comme leur prophète, l’incarnation de Dieu sur terre. Bref, il est le Messie !

N comme Négus: Haïlé Sélassié, dernier empereur d’Ethiopie

Monarque charismatique, descendant d’une lignée ancienne, Haïlé Sélassié fut l’une des figures majeures de l’Afrique du XXe siècle, avant d’être renversé par les communistes. Mais si l’Ethiopie contemporaine entretient des rapports ambigus avec son dernier grand homme d’Etat, le Jamaïcain Bob Marley n’a pas attendu le feu vert des autorités d’Addis Abeba pour l’immortaliser à travers ses chansons.

Le 27 août 1975, il y a 40 ans jour pour jour, disparaissait Haïlé Sélassié, le dernier empereur d’Ethiopie. Le vieux monarque croupissait depuis plusieurs mois dans les geôles de la junte militaire « révolutionnaire » qui avait renversé son régime l’année précédente. Il meurt à l’âge de 85 ans, officiellement des suites d’une opération de la prostrate, plus vraisemblablement étouffé sur ordre de son successeur le colonel Mengistu Haïlé Mariam.

Le Négus, le Roi des rois, était devenu une figure controversée dans son pays depuis que son peuple avait pu apercevoir les images du reportage d’un caméraman britannique Jonathan Dimbleby, montrant l’empereur nourrissant ses chiens avec tendresse au plus fort de la famine de 1974, qui fit, on s’en souvient, plus de 200 000 victimes en Ethiopie. Ses admirateurs le créditent d’avoir sorti son pays du Moyen Âge pendant son long règne de 44 ans et d’avoir réussi à lui donner, grâce à sa diplomatie tous azimuts et son charisme, un rayonnement international que peu de nations africaines connaissaient à l’époque. Lors de son couronnement en 1930, l’Ethiopie s’appelait encore Abyssinie. La présence du Négus vieillissant aux funérailles de Kennedy et de De Gaulle, partageant la tribune avec les grands du monde, illustre combien l’image internationale de ce pays avait changé sous la houlette de son souverain réformateur. Portrait en sept mots.

Dynastie : 225e descendant direct de la légendaire dynastie du roi Salomon et de la reine de Saba, Haïlé Sélassié présida aux destinées d’un pays à l’histoire ancienne et farouchement indépendant. Vieille monarchie héréditaire de droit divin, l’Ethiopie est le seul Etat africain à avoir toujours conservé son indépendance et à avoir résisté aux tentatives d’hégémonie étrangère. La lignée dite « salamonide » dont  Sélassié était issu remonte à plus de 3 000 ans.

Couronnement : Le futur monarque naît en1892 sous le nom de Tafari Makonnen (« celui qui est craint »). Son père était gouverneur de la province du Harar en Ethiopie et un héros de la bataille d’Adoua de 1896 remportée par les troupes éthiopiennes contre les Italiens. L’empereur régnant Ménélik II était son grand-oncle. En 1916, une assemblée de notables dépose le petit-fils et l’héritier de Ménélik pour proclamer sa fille impératrice d’Ethiopie et son cousin Ras (« Duc ») Tafari régent de la Couronne. A la mort de sa cousine en 1930, le régent monte sur le trône sous le nom de « Haïlé Sélassié 1er », qui signifie « le pouvoir de la Trinité ». L’empereur se fait également appeler « Roi des rois d’Ethiopie, seigneur des Seigneurs, Lion conquérant du royaume de Juda, Lumière du Monde, élu de Dieu ». La cérémonie de couronnement du nouvel empereur dans la cathédrale Saint-Georges d’Addis Abeba, à laquelle assistaient des représentants de douze pays dont le duc de Gloucester, un maréchal de France et un prince italien, fut fastueuse et eut un retentissement mondial. Haïlé Sélassié fit la couverture de l’hebdomadaire américain Time Magazine qui le proclama « Homme de l’année 1930 ».

Réformateur : Poursuivant la politique progressiste de ses prédécesseurs, le nouveau Négus se lança dès le lendemain de son investiture dans un vaste programme de modernisation sociale et économique de son pays, avec des succès souvent mitigés, notamment en matière de réformes agraires. Il promulgua des décrets pour abolir l’esclavage et inspira la rédaction de la première Constitution écrite qui entra en vigueur en 1931, créant une Assemblée nationale avec deux entités dont une Chambre de sénateurs. Ses admirateurs soulignent l’approche progressiste de l’empereur en rappelant que durant son règne, les premières écoles, universités, le premier hôpital, la compagnie aérienne (Ethiopian Airlines) et celle d’électricité, la radio et la télévision ainsi qu’une armée moderne furent mises en chantier.

Anti-fasciste : L’Ethiopie était le seul Etat africain à faire partie de la Société des Nations (SDN), et cela dès 1923. Malgré cette affiliation, le pays se retrouva dans un cruel isolement au moment de son invasion par l’armée de l’Italie fasciste de Benito Mussolini en 1935. Haïlé Sélassié en personne commanda les troupes éthiopiennes, mais sa résistance valeureuse ne suffit pas. En juin 1936, le monarque éthiopien se rend à Génève et depuis la tribune de la SDN lance un appel à l’aide aux puissances occidentales, déclarant que le monde civilisé « creusait sa propre tombe » s’il ne réagissait pas militairement à l’agression italienne en Ethiopie. Le discours prononcé par l’empereur plaidant la cause de sa patrie à Genève est resté dans les annales de la communauté internationale. Lâché par la SDN, l’empereur s’exila à Bath, en Angleterre, mais il prendra sa revanche sur les Italiens en 1941, à la faveur de la déclaration de guerre de l’Italie aux alliés pendant la Seconde guerre mondiale. Aidé par les brigades indo-britanniques, Sélassié reprit le contrôle de son pays en mai 1941. Il profita de la mise en coupe réglée de l’Italie par les puissances alliées de la Seconde Guerre mondiale pour récupérer l’Erythrée, colonie italienne depuis la fin du XIXe siècle.

 L’empereur éthiopien Haïlé Sélassié Ier accueille le président du Ghana, Kwame Nkrumah, venu à Addis-Abeba, le 25 mai 1963, pour assister à la conférence constitutive de l’OUA. AFP

Panafricaniste : Auréolé de son combat de première heure contre le fascisme, Haïlé Sélassié est devenu après la guerre l’un des premiers représentants du continent noir sur la scène mondiale. En Afrique, sa résistance face à l’Italie coloniale a servi de modèle aux mouvements indépendantistes à travers le continent. Faisant fi de la division idéologique du continent africain favorisée par la Guerre froide, il entretenait d’excellentes relations avec des hommes aussi différents que Houphouët-Boigny et Nkrumah, Ben Bella et Hassan II. Il soutenait les mouvements de libération nationale, le GPRA en Algérie coloniale, les nationalistes du Kenya, d’Ouganda, des Rhodésies, de l’Angola. Il alla jusqu’à rompre les relations diplomatiques avec le Portugal en guise de protestation contre la politique coloniale de Lisbonne et déposa plainte à la Cour internationale de la Haye contre la politique de discrimination raciale pratiquée en Afrique du Sud. L’Ethiopie de Haïlé Sélassié incarne la volonté d’indépendance de l’Afrique, ce qui explique qu’en 1963 la capitale éthiopienne Addis Abeba est choisie comme siège de l’OUA, la première organisation panafricaine. Le 25 mai 1963, à l’occasion de la création de l’OUA, c’est l’empereur de l’Ethiopie qui prononça le discours inaugural, appelant les pays africains réunis à Addis Abeba à surmonter leurs divisions idéologiques pour bâtir l’Afrique de demain. Haïlé Sélassié est considéré avec Kwame Nkrumah comme l’un des pères du panafricanisme.

Féodal : En 1955, l’empereur fait promulguer une nouvelle Constitution qui donne plus de pouvoir à la chambre basse du Parlement, sans toutefois toucher aux privilèges féodaux de la noblesse. Malgré les réformes sociales engagées par Sélassié depuis son retour au pouvoir, l’Ethiopie est restée pendant son règne un pays féodal, figé dans ses structures archaïques. Le sort de ses paysans maintenus sous la férule d’une aristocratie oppressive et prédatrice n’est pas sans rappeler la condition des serfs et des petits paysans dans la Russie pré-révolutionnaire. Le Négus dirigeait un système fermé qui maintenait la majorité de la population dans une misère profonde, contrastant avec l’opulence des palais royaux. Dans les années 1960, l’empereur fit preuve d’inertie face au mécontentement montant parmi les étudiants et l’élite, préférant laisser pourrir la situation. La radicalisation des contestations conjuguée avec les effets de la crise économique qui s’abat de plein fouet sur l’Ethiopie au début des années 1970, conduit au renversement du régime impérial le 12 septembre 1974 par un coup d’Etat militaire. C’est la fin de 3 000 ans de monarchie éthiopienne.

Héritage : Haïlé Selassié meurt le 25 ou le 27 août 1975. Mais c’est seulement en 1992, un an après la chute du régime militaro-marxiste de Mengistu qui a gouverné l’Ethiopie depuis le coup d’Etat de 1974, que la dépouille de l’empereur a été exhumée et déposée dans un mausolée d’Addis Abeba. Il a fallu ensuite attendre encore 8 ans pour les funérailles religieuses qui se sont déroulées le 5 novembre 2000, mais sans ferveur populaire. Les médias officiels ont fait l’impasse sur l’événement, traduisant l’embarras des autorités éthiopiennes post-marxistes. Celles-ci ne se reconnaissent pas dans la figure de ce monarque absolu de droit divin qu’elles qualifient d’oppresseur. Elles l’accusent par ailleurs d’avoir placé à l’étranger d’énormes sommes d’argent. Vénéré comme un dieu de son vivant, l’empereur est définitivement tombé en disgrâce dans son pays, alors qu’en Occident les historiens continuent de se débattre pour décider si l’homme tenait plus d’un « despote démagogue » que d’un « monarque éclairé ». Mais le Négus n’a que faire de ces  querelles, car son immortalité est assurée depuis belle lurette, grâce aux mélodies engagées des rastafariens, adeptes de la religion popularisée par Bob Marley. Venus nombreux aux funérailles de l’empereur déchu, ceux-ci considèrent le roi Sélassié comme leur prophète, l’incarnation de Dieu sur terre. Bref, il est le Messie !

Nigeria: 500 jours après, les lycéennes de Chibok toujours détenues

Le 14 avril 2014 des jihadistes faisaient irruption au lycée de Chibok, dans l’Etat de Borno, berceau au nord du Nigeria du mouvement Boko Haram qui a depuis mars prêté allégeance au groupe Etat islamique. En tout, 276 jeunes filles qui se préparaient à passer leurs examens ont été enlevées ce jour-là. Après une forte mobilisation internationale pour leur libération, les proches de ces « lycéennes de Chibok » s’apprêtent à commémorer ce jeudi le 500e jour de leur enlèvement par Boko Haram. 57 d’entre elles ont réussi à s’échapper, mais le sort des 219 autres est encore incertain.

Leur dernière apparition remonte à mai 2014. Habillées de longs voiles noirs, dans une vidéo diffusée par Boko Haram, un mois après leur enlèvement. Le chef des jihadistes nigérians, qui depuis a prêté allégeance au groupe Etat islamique, n’a jamais caché le sort qu’il entendait réserver aux lycéennes de Chibok: « j’ai kidnappé vos filles et je les vendrai sur le marché », s’exclamait Abubakar Shekau dans une autre vidéo, précisant que celles qui avaient accepté de se convertir à l’islam allaient être mariées a des combattants.

Ces images ont immédiatement suscité une vague d’indignation internationale. Autour du slogan #BringBackOurGirls, des centaines de célébrités dont Michele Obama ou Angelina Jolie exigeaient leur libération sans succès, mais poussant les États occidentaux à offrir au Nigeria un soutien sécuritaire.

Mariées de force

500 jours après leur enlèvement, les autorités assurent les avoir localisées dans la forêt de Sambissa. Plusieurs jeunes filles de Chibok auraient en effet été croisées cet endroit, un des bastions de la branche ouest-africaine du groupe Etat islamique. Selon ces témoins, certaines de ces adolescentes auraient été mariées de force à des insurgés. D’autres seraient entrainées et utilisées dans des attaques du groupe armé. La plupart de ces témoignages recoupent le travail d’Amnesty international sur l’insurrection dans le nord-est du Nigeria.

Mais les autorités expliquent qu’une opération militaire pourrait mettre leur vie en danger. Résultat: aucune des 257 filles de Chibok n’a encore été libérée par l’armée de leur pays. Leurs proches, qui, chaque jour, manifestent à Abuja dénoncent aujourd’hui l’inaction de l’ancien président Goodluck Jonhatan et la corruption des militaires et de l’administration nigériane. Sur les 276 lycéennes enlevées, seules 57 sont parvenues à s’échapper, mais le sort des 219 autres est toujours inconnu aujourd’hui.

Marche de soutien

Ce jour symbolique, le collectif #BringBackOurGirls organise une nouvelle fois une marche de soutien autour des 219 lycéennes de Chibok, toujours en captivité quelque part au Nigeria. C’est le coeur serré que les parents de lycéennes de Chibok vont donc s’élancer ce jeudi matin pour une marche dans les rues d’Abuja. 500 jours que ces familles de l’Etat du Borno attendent des signes de vie de leurs enfants. Selon un proche des victimes, 14 proches des jeunes filles sont morts de peine. Tandis que tous les autres se raccrochent aux témoignages de personnes rescapées des mains des ex-Boko Haram.

Pour ces 57 lycéennes qui ont pu s’extraire de la vigilance des ex Boko Haram les fortunes sont d’ailleurs diverses. Certaines sont rejetées par leurs familles à cause de grossesse suite à des viols répétés en détention. D’autres sont prises en charge dans des programmes universitaires, au Nigeria ou à l’étranger. Toutes caressent l’espoir de retrouver saines et sauves un maximum de leurs camarades du lycée de Chibok.
Toujours en captivité depuis 500 jours.

Marck Heenock est le père d’une de ces filles enlevées. Ce pasteur, dont l’église a été brûlée par Boko Haram, vit maintenant à Abuja. Il est sans nouvelles de sa fille Monica, âgée de 20 ans. Très en colère contre l’ancien président nigérian Goodluck Jonathan, il garde confiance dans le nouveau, Muhammadu Buhari.

Tuerie en Virginie: le débat sur les armes relancé aux Etats-Unis

La fusillade de Virginie, au cours de laquelle une reporter et son cameraman ont été tués par un ancien collègue de leur station, a une nouvelle fois mis en en avant l’urgence de mieux contrôler les armes, un vieux débat qui, en dépit du nombre incessant de fusillades, n’a jamais conduit à des lois plus strictes.

 

Exprimant sa tristesse devant la mort des deux journalistes, le président Obama, lors d’une interview, a une nouvelle fois lancé un appel au Congrès pour qu’il durcisse la loi sur le contrôle des armes. Il a noté que le nombre de gens qui meurent dans des incidents liés aux armes à feu aux Etats-unis était largement supérieur à celui des victimes du terrorisme.

Chez les candidats à la présidence, Hillary Clinton, en campagne dans l’Iowa, a été la première à demander que des mesures soient prises pour arrêter la violence. « Nous devons faire quelques chose à propos des armes à feu en Amérique, a-t-elle déclaré. Et je m’y attaquerai, car il y a beaucoup de gens qui connaissent bien le problème, mais hésitent à s’engager parce que c’est dur. C’est une question très politique et difficile en Amérique. »

Le gouverneur démocrate de Virginie, Terry McAuliffe, a lui aussi déploré l’abondance d’armes à feu dans le pays, mais son Etat est l’un des plus laxistes en matière de contrôle. Le lobby anti-armes a pour sa part déclaré que 89 personnes étaient tuées chaque jour par une arme à feu, et que 40% des armes étaient vendues sans une vérification des antécédents de l’acheteur.

Burundi: la reprise du dialogue devient impossible

Au Burundi, l’opposition dit ne plus reconnaître le président Nkurunziza en tant que chef de l’Etat à partir de ce mercredi 26 août, soit le dernier jour de son deuxième mandat. C’est ce qu’affirme le Cnared, une plateforme politique composée d’anciens cadres de son parti, d’opposants et de membres de la société civile. Et pendant ce temps-là, à Bujumbura, Pierre Nkurunziza prononçait un nouveau discours à la nation, discours où il a mis l’accent sur la sécurité. Son nouveau gouvernement tenait son premier Conseil des ministres. Les positions sont plus tranchées que jamais, ce qui inquiète la communauté internationale, qui voit la possibilité d’un dialogue s’éloigner.

« C’est vrai qu’ils vont vite » : le commentaire vient d’un diplomate occidental. Investiture, nouveau gouvernement : « Ils veulent mettre tout le monde devant le fait accompli et en tenant une ligne dure », poursuit cette source diplomatique. Parmi les mesures qui inquiètent figure la réforme de la loi sur les ONG, du statut de la société civile et des confessions religieuses, dont certaines organisations étaient à la pointe de la lutte contre le 3e mandat.

Le service civique obligatoire sera établi, notamment pour les étudiants qui à Bujumbura avaient grossi les rangs des manifestations. « Ils veulent mettre tout le monde au pas et n’ont jamais eu l’intention de dialoguer que ça soit avant ou après l’investiture », constate un opposant. « C’est vrai qu’on s’attendait à des gestes d’ouverture après l’investiture et ce n’est pas le cas », déplore encore un diplomate.

Agathon Rwasa et Pascal Nyabenda à Kampala

En début de semaine, dans les milieux diplomatiques, on évoquait à nouveau un retour à Bujumbura du médiateur ougandais, pour des consultations en vue de la reprise déjà considérée comme difficile du dialogue amorcé avant la présidentielle. Mais voilà qu’à la grande surprise de tous, sont dépêchés à Kampala le président de l’Assemblée nationale et chef du parti au pouvoir, Pascal Nyabenda, et son premier vice-président, l’opposant Agathon Rwasa, alors que cinq de ses fidèles viennent de faire leur entrée dans le nouveau gouvernement.

« Ils cherchent à couper l’herbe sous le pied de la communauté internationale en utilisant Rwasa pour feindre une certaine normalisation et prouver l’existence d’un consensus », estime un analyste de la vie politique burundaise.

Dans l’entourage de Pascal Nyabenda et d’Agathon Rwasa, on se contente de parler de mission officielle pour rencontrer la facilitation. Il n’y a pas eu de confirmation hier soir, côté ougandais, d’une rencontre avec le président Museveni ou son ministre de la Défense Crispus Kiyonga.

Nigeria: 500 jours après, les lycéennes de Chibok toujours détenues

Le 14 avril 2014 des jihadistes faisaient irruption au lycée de Chibok, dans l’Etat de Borno, berceau au nord du Nigeria du mouvement Boko Haram qui a depuis mars prêté allégeance au groupe Etat islamique. En tout, 276 jeunes filles qui se préparaient à passer leurs examens ont été enlevées ce jour-là. Après une forte mobilisation internationale pour leur libération, les proches de ces « lycéennes de Chibok » s’apprêtent à commémorer ce jeudi le 500e jour de leur enlèvement par Boko Haram. 57 d’entre elles ont réussi à s’échapper, mais le sort des 219 autres est encore incertain.

Leur dernière apparition remonte à mai 2014. Habillées de longs voiles noirs, dans une vidéo diffusée par Boko Haram, un mois après leur enlèvement. Le chef des jihadistes nigérians, qui depuis a prêté allégeance au groupe Etat islamique, n’a jamais caché le sort qu’il entendait réserver aux lycéennes de Chibok: « j’ai kidnappé vos filles et je les vendrai sur le marché », s’exclamait Abubakar Shekau dans une autre vidéo, précisant que celles qui avaient accepté de se convertir à l’islam allaient être mariées a des combattants.

Ces images ont immédiatement suscité une vague d’indignation internationale. Autour du slogan #BringBackOurGirls, des centaines de célébrités dont Michele Obama ou Angelina Jolie exigeaient leur libération sans succès, mais poussant les États occidentaux à offrir au Nigeria un soutien sécuritaire.

Mariées de force

500 jours après leur enlèvement, les autorités assurent les avoir localisées dans la forêt de Sambissa. Plusieurs jeunes filles de Chibok auraient en effet été croisées cet endroit, un des bastions de la branche ouest-africaine du groupe Etat islamique. Selon ces témoins, certaines de ces adolescentes auraient été mariées de force à des insurgés. D’autres seraient entrainées et utilisées dans des attaques du groupe armé. La plupart de ces témoignages recoupent le travail d’Amnesty international sur l’insurrection dans le nord-est du Nigeria.

Mais les autorités expliquent qu’une opération militaire pourrait mettre leur vie en danger. Résultat: aucune des 257 filles de Chibok n’a encore été libérée par l’armée de leur pays. Leurs proches, qui, chaque jour, manifestent à Abuja dénoncent aujourd’hui l’inaction de l’ancien président Goodluck Jonhatan et la corruption des militaires et de l’administration nigériane. Sur les 276 lycéennes enlevées, seules 57 sont parvenues à s’échapper, mais le sort des 219 autres est toujours inconnu aujourd’hui.

Marche de soutien

Ce jour symbolique, le collectif #BringBackOurGirls organise une nouvelle fois une marche de soutien autour des 219 lycéennes de Chibok, toujours en captivité quelque part au Nigeria. C’est le coeur serré que les parents de lycéennes de Chibok vont donc s’élancer ce jeudi matin pour une marche dans les rues d’Abuja. 500 jours que ces familles de l’Etat du Borno attendent des signes de vie de leurs enfants. Selon un proche des victimes, 14 proches des jeunes filles sont morts de peine. Tandis que tous les autres se raccrochent aux témoignages de personnes rescapées des mains des ex-Boko Haram.

Pour ces 57 lycéennes qui ont pu s’extraire de la vigilance des ex Boko Haram les fortunes sont d’ailleurs diverses. Certaines sont rejetées par leurs familles à cause de grossesse suite à des viols répétés en détention. D’autres sont prises en charge dans des programmes universitaires, au Nigeria ou à l’étranger. Toutes caressent l’espoir de retrouver saines et sauves un maximum de leurs camarades du lycée de Chibok.
Toujours en captivité depuis 500 jours.

Marck Heenock est le père d’une de ces filles enlevées. Ce pasteur, dont l’église a été brûlée par Boko Haram, vit maintenant à Abuja. Il est sans nouvelles de sa fille Monica, âgée de 20 ans. Très en colère contre l’ancien président nigérian Goodluck Jonathan, il garde confiance dans le nouveau, Muhammadu Buhari.

Tuerie en Virginie: le débat sur les armes relancé aux Etats-Unis

La fusillade de Virginie, au cours de laquelle une reporter et son cameraman ont été tués par un ancien collègue de leur station, a une nouvelle fois mis en en avant l’urgence de mieux contrôler les armes, un vieux débat qui, en dépit du nombre incessant de fusillades, n’a jamais conduit à des lois plus strictes.

 

Exprimant sa tristesse devant la mort des deux journalistes, le président Obama, lors d’une interview, a une nouvelle fois lancé un appel au Congrès pour qu’il durcisse la loi sur le contrôle des armes. Il a noté que le nombre de gens qui meurent dans des incidents liés aux armes à feu aux Etats-unis était largement supérieur à celui des victimes du terrorisme.

Chez les candidats à la présidence, Hillary Clinton, en campagne dans l’Iowa, a été la première à demander que des mesures soient prises pour arrêter la violence. « Nous devons faire quelques chose à propos des armes à feu en Amérique, a-t-elle déclaré. Et je m’y attaquerai, car il y a beaucoup de gens qui connaissent bien le problème, mais hésitent à s’engager parce que c’est dur. C’est une question très politique et difficile en Amérique. »

Le gouverneur démocrate de Virginie, Terry McAuliffe, a lui aussi déploré l’abondance d’armes à feu dans le pays, mais son Etat est l’un des plus laxistes en matière de contrôle. Le lobby anti-armes a pour sa part déclaré que 89 personnes étaient tuées chaque jour par une arme à feu, et que 40% des armes étaient vendues sans une vérification des antécédents de l’acheteur.

Burundi: la reprise du dialogue devient impossible

Au Burundi, l’opposition dit ne plus reconnaître le président Nkurunziza en tant que chef de l’Etat à partir de ce mercredi 26 août, soit le dernier jour de son deuxième mandat. C’est ce qu’affirme le Cnared, une plateforme politique composée d’anciens cadres de son parti, d’opposants et de membres de la société civile. Et pendant ce temps-là, à Bujumbura, Pierre Nkurunziza prononçait un nouveau discours à la nation, discours où il a mis l’accent sur la sécurité. Son nouveau gouvernement tenait son premier Conseil des ministres. Les positions sont plus tranchées que jamais, ce qui inquiète la communauté internationale, qui voit la possibilité d’un dialogue s’éloigner.

« C’est vrai qu’ils vont vite » : le commentaire vient d’un diplomate occidental. Investiture, nouveau gouvernement : « Ils veulent mettre tout le monde devant le fait accompli et en tenant une ligne dure », poursuit cette source diplomatique. Parmi les mesures qui inquiètent figure la réforme de la loi sur les ONG, du statut de la société civile et des confessions religieuses, dont certaines organisations étaient à la pointe de la lutte contre le 3e mandat.

Le service civique obligatoire sera établi, notamment pour les étudiants qui à Bujumbura avaient grossi les rangs des manifestations. « Ils veulent mettre tout le monde au pas et n’ont jamais eu l’intention de dialoguer que ça soit avant ou après l’investiture », constate un opposant. « C’est vrai qu’on s’attendait à des gestes d’ouverture après l’investiture et ce n’est pas le cas », déplore encore un diplomate.

Agathon Rwasa et Pascal Nyabenda à Kampala

En début de semaine, dans les milieux diplomatiques, on évoquait à nouveau un retour à Bujumbura du médiateur ougandais, pour des consultations en vue de la reprise déjà considérée comme difficile du dialogue amorcé avant la présidentielle. Mais voilà qu’à la grande surprise de tous, sont dépêchés à Kampala le président de l’Assemblée nationale et chef du parti au pouvoir, Pascal Nyabenda, et son premier vice-président, l’opposant Agathon Rwasa, alors que cinq de ses fidèles viennent de faire leur entrée dans le nouveau gouvernement.

« Ils cherchent à couper l’herbe sous le pied de la communauté internationale en utilisant Rwasa pour feindre une certaine normalisation et prouver l’existence d’un consensus », estime un analyste de la vie politique burundaise.

Dans l’entourage de Pascal Nyabenda et d’Agathon Rwasa, on se contente de parler de mission officielle pour rencontrer la facilitation. Il n’y a pas eu de confirmation hier soir, côté ougandais, d’une rencontre avec le président Museveni ou son ministre de la Défense Crispus Kiyonga.

Attaque du Thalys : Ayoub El Khazzani placé à l’isolement pour éviter toute propagande

Ayoub El Khazzani, l’auteur de l’attaque avortée dans le Thalys reliant Amsterdam à Paris, est placé en détention provisoire à Bois-d’Arcy dans les Yvelines. Par mesure de sécurité, il a été placé à l’isolement afin d’éviter toute propagande.

Le principal suspect dans l’attaque du Thalys du 22 août dernier, Ayoub El Khazzani a été placé en détention provisoire à Bois -d’Arcy dans les Yvelines. Inculpé pour tentatives d’assassinats à caractère terroriste, il est détenu à l’isolement par mesure de sécurité mais aussi pour éviter toute propagande. Le jeune Marocain de 25 ans est isolé au quatrième et dernier étage de la prison au milieu d’une vingtaine de cellules où d’autres détenus sont aussi à l’isolement. Ayoub El Khazzani a interdiction de leur parler, notamment pour éviter toute propagande.

Sa surveillance est poussée à l’extrême. Quand il sort de sa cellule, les autres détenus doivent rester enfermés. De ce fait, il ne croise que le personnel pénitentier qui surveille ses moindres faits et gestes et déplacements. Sa mise en détention dans cette maison d’arrêt inquiète Phillipe Campagne, un syndicaliste, qui redoute que « son arrivée dans la prison fasse un peu l’attraction. Les détenus vont savoir tôt ou tard qu’il est là, et ça va être une émulsion ».

En dépit des soupçons qui pèsent sur lui, Ayoub El Khazzani est traité comme n’importe quel autre prisonnier. Il dispose des mêmes droits que les autres. Au sortie de sa cellule, il n’a pas été menotté, n’a pas eu d’entrave aux pieds et ne porte pas d’uniforme carcéral. Pour l’heure, aux yeux de la justice, il est présumé innocent.

L’enquête se poursuit et le parcours du jeune Marocain reste encore à déterminer. Ce mardi, des perquisitions ont été menées au domicile de sa soeur en Belgique afin d’y trouver des documents compromettants. Ayoub El Khazzani avait été maîtrisé le 21 août dernier par des passagers alors qu’il sortait des toilettes du Thalys. Il était armé d’une kalachnikov de neuf chargeurs pleins contenant quelque 270 balles, d’un pistolet Luger, d’un cutter et d’une bouteille de 50 cl d’essence.

Algérie : une loi contre les violences conjugales bloquée au Sénat insurge un collectif féministe

En Algérie, treize associations féministes sont montées au créneau ce mercredi réclamant la promulgation de la loi contre les violences conjugales adoptée par l’Assemblée nationale en mars dernier mais bloquée depuis plusieurs mois au Sénat.

Les violences conjugales en Algérie sont en augmentation. Alors que l’Assemblée nationale a adopté une loi contre les violences conjugales en mars dernier, le Sénat ne s’est toujours pas prononcé sur la question, ce qui suscite l’incompréhension des associations féministes du pays. Après cinq mois d’attente, treize associations féministes ont réclamé ce mercredi la promulgation sans délai de cette loi par le Sénat. « Bien que la loi ait été votée le 5 mars 2015 par l’Assemblée Populaire nationale, trois jours avant la symbolique journée de la Femme, elle n’a pas encore été adoptée par le Sénat », déplore le collectif dans un communiqué. Selon certains médias du pays, le Sénat subit des pressions de la part de milieux conservateurs qui estiment que le texte est contraire aux valeurs de l’Islam.

La loi prévoit une peine de prison allant de un à 20 ans pour tout homme ayant battu sa femme, selon la gravité des blessures, et la réclusion à perpétuité si elle décède. Le texte introduit également la notion d’harcèlement de rue, fait nouveau, ainsi qu’une disposition visant à protéger les ressources financières des épouses.

En Algérie, les violences conjugales sont un véritable problème de société. Le nombre de décès liés à ces violences est en augmentation. Entre 100 et 200 femmes décèdent chaque année de violences imputées à leur compagnon. Pour le collectif féministe, « le problème ne semble pas prioritaire pour les membres du Sénat et le gouvernement ».

Face à cette situation, l’ONG Amnesty International lance un appel au Premier ministre Abdelmalek Sellal afin « de prendre toutes les mesures nécessaires à la promulgation de la loi ».

CAN 2017 : André Ayew revient avec le Ghana

Avram Grant a convoqué 24 joueurs en sélection du Ghana pour le match face au Rwanda dans le cadre de la 2e journée des éliminatoires de la CAN 2017. Le technicien israélien pourra compter sur son groupe habituel, complété par le retour d’André Ayew.

Tombeur de l’Ile Maurice (7-1) lors de la 1ère journée des éliminatoires de la CAN 2017, le Ghana se rendra au Rwanda début septembre à l’occasion de la 2e levée. Sélectionneur des Black Stars, actuels leaders du groupe H, Avram Grant a communiqué une liste de 24 joueurs pour ce rendez-vous. L’ancien manager de Chelsea peut à nouveau compter sur André Ayew, absent en juin dernier en raison d’une blessure au pied. Désormais en Chine où il flambe avec le Shanghai SIPG, Asamoah Gyan sera également du voyage.

Seule absence de marque, celle de Kwadwo Asamoah, encore en phase reprise avec la Juventus de Turin après son opération qui lui avait fait manquer la CAN 2015. Avant de se rendre à Kigali, les Ghanéens feront un détour par Brazzaville pour un match amical face au Congo le 1er septembre, à l’occasion de l’inauguration du nouveau stade de Kintelé qui abritera les jeux africains.

Attaque du Thalys : Ayoub El Khazzani placé à l’isolement pour éviter toute propagande

Ayoub El Khazzani, l’auteur de l’attaque avortée dans le Thalys reliant Amsterdam à Paris, est placé en détention provisoire à Bois-d’Arcy dans les Yvelines. Par mesure de sécurité, il a été placé à l’isolement afin d’éviter toute propagande.

Le principal suspect dans l’attaque du Thalys du 22 août dernier, Ayoub El Khazzani a été placé en détention provisoire à Bois -d’Arcy dans les Yvelines. Inculpé pour tentatives d’assassinats à caractère terroriste, il est détenu à l’isolement par mesure de sécurité mais aussi pour éviter toute propagande. Le jeune Marocain de 25 ans est isolé au quatrième et dernier étage de la prison au milieu d’une vingtaine de cellules où d’autres détenus sont aussi à l’isolement. Ayoub El Khazzani a interdiction de leur parler, notamment pour éviter toute propagande.

Sa surveillance est poussée à l’extrême. Quand il sort de sa cellule, les autres détenus doivent rester enfermés. De ce fait, il ne croise que le personnel pénitentier qui surveille ses moindres faits et gestes et déplacements. Sa mise en détention dans cette maison d’arrêt inquiète Phillipe Campagne, un syndicaliste, qui redoute que « son arrivée dans la prison fasse un peu l’attraction. Les détenus vont savoir tôt ou tard qu’il est là, et ça va être une émulsion ».

En dépit des soupçons qui pèsent sur lui, Ayoub El Khazzani est traité comme n’importe quel autre prisonnier. Il dispose des mêmes droits que les autres. Au sortie de sa cellule, il n’a pas été menotté, n’a pas eu d’entrave aux pieds et ne porte pas d’uniforme carcéral. Pour l’heure, aux yeux de la justice, il est présumé innocent.

L’enquête se poursuit et le parcours du jeune Marocain reste encore à déterminer. Ce mardi, des perquisitions ont été menées au domicile de sa soeur en Belgique afin d’y trouver des documents compromettants. Ayoub El Khazzani avait été maîtrisé le 21 août dernier par des passagers alors qu’il sortait des toilettes du Thalys. Il était armé d’une kalachnikov de neuf chargeurs pleins contenant quelque 270 balles, d’un pistolet Luger, d’un cutter et d’une bouteille de 50 cl d’essence.

Algérie : une loi contre les violences conjugales bloquée au Sénat insurge un collectif féministe

En Algérie, treize associations féministes sont montées au créneau ce mercredi réclamant la promulgation de la loi contre les violences conjugales adoptée par l’Assemblée nationale en mars dernier mais bloquée depuis plusieurs mois au Sénat.

Les violences conjugales en Algérie sont en augmentation. Alors que l’Assemblée nationale a adopté une loi contre les violences conjugales en mars dernier, le Sénat ne s’est toujours pas prononcé sur la question, ce qui suscite l’incompréhension des associations féministes du pays. Après cinq mois d’attente, treize associations féministes ont réclamé ce mercredi la promulgation sans délai de cette loi par le Sénat. « Bien que la loi ait été votée le 5 mars 2015 par l’Assemblée Populaire nationale, trois jours avant la symbolique journée de la Femme, elle n’a pas encore été adoptée par le Sénat », déplore le collectif dans un communiqué. Selon certains médias du pays, le Sénat subit des pressions de la part de milieux conservateurs qui estiment que le texte est contraire aux valeurs de l’Islam.

La loi prévoit une peine de prison allant de un à 20 ans pour tout homme ayant battu sa femme, selon la gravité des blessures, et la réclusion à perpétuité si elle décède. Le texte introduit également la notion d’harcèlement de rue, fait nouveau, ainsi qu’une disposition visant à protéger les ressources financières des épouses.

En Algérie, les violences conjugales sont un véritable problème de société. Le nombre de décès liés à ces violences est en augmentation. Entre 100 et 200 femmes décèdent chaque année de violences imputées à leur compagnon. Pour le collectif féministe, « le problème ne semble pas prioritaire pour les membres du Sénat et le gouvernement ».

Face à cette situation, l’ONG Amnesty International lance un appel au Premier ministre Abdelmalek Sellal afin « de prendre toutes les mesures nécessaires à la promulgation de la loi ».

CAN 2017 : André Ayew revient avec le Ghana

Avram Grant a convoqué 24 joueurs en sélection du Ghana pour le match face au Rwanda dans le cadre de la 2e journée des éliminatoires de la CAN 2017. Le technicien israélien pourra compter sur son groupe habituel, complété par le retour d’André Ayew.

Tombeur de l’Ile Maurice (7-1) lors de la 1ère journée des éliminatoires de la CAN 2017, le Ghana se rendra au Rwanda début septembre à l’occasion de la 2e levée. Sélectionneur des Black Stars, actuels leaders du groupe H, Avram Grant a communiqué une liste de 24 joueurs pour ce rendez-vous. L’ancien manager de Chelsea peut à nouveau compter sur André Ayew, absent en juin dernier en raison d’une blessure au pied. Désormais en Chine où il flambe avec le Shanghai SIPG, Asamoah Gyan sera également du voyage.

Seule absence de marque, celle de Kwadwo Asamoah, encore en phase reprise avec la Juventus de Turin après son opération qui lui avait fait manquer la CAN 2015. Avant de se rendre à Kigali, les Ghanéens feront un détour par Brazzaville pour un match amical face au Congo le 1er septembre, à l’occasion de l’inauguration du nouveau stade de Kintelé qui abritera les jeux africains.