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jeudi 9 juillet 2015

Dadis Camara inculpé dans l’affaire du massacre du 28 septembre

L’ancien chef de la junte guinéenne, le capitaine Moussa Dadis Camara, a été inculpé par la justice mercredi 8 juillet à Ouagadougou, où ce responsable politique est établi. Information confirmée par son avocat, ainsi que des militants de son parti. Cette inculpation fait suite à la visite la semaine dernière en Guinée de la procureure de la Cour pénale internationale, Fatou Bensouda, qui a salué des « progrès importants et encourageants » dans l’enquête sur le massacre.

Jusqu’à présent, Moussa Dadis Camara avait été entendu en temps que témoin dans l’affaire du stade du 28 septembre. Mercredi 8 juillet, il a été interrogé en tant qu’acteur, pendant plus de deux heures, par deux juges d’instruction et un procureur guinéens.

Les faits remontent au 28 septembre 2009, jour de fête nationale. Des partis d’opposition appellent à un rassemblement pacifique dans un stade de Conakry. Mais des militaires et des forces de sécurité répriment brutalement cette manifestation. Le bilan est lourd : il y a au moins 156 personnes tuées et 109 victimes de viols.

En février 2010, la justice guinéenne ouvre une instruction sur ce massacre. Plusieurs hauts responsables du CNDD (le Conseil national pour la démocratie et le développement) sont cités, dont le capitaine Moussa Dadis Camara, qui était alors le commandant en chef des forces armées. Une commission rogatoire pour meurtre, complicité d’assassinat et de viol est alors lancée à son encontre.

Retour en politique

Fraîchement de retour sur la scène politique, Moussa Dadis Camara a toujours clamé son innocence. Son inculpation se télescope avec les prémisses de la campagne électorale d’octobre. Ses proches dénoncent une volonté de le détourner de ses ambitions politiques.

Cellou Dalein Diallo, le président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), à qui Dadis Camara s’est allié dans le cadre de son retour, dénonce une manipulation politique. « J’ai toujours lutté contre l’impunité mais je suis contre l’instrumentalisation de la justice à des fins politiques. Et c’est ce qui arrive malheureusement depuis que Dadis a décidé de s’engager en politique, il a décidé de nouer une alliance avec l‘UFDG. Les choses se sont accélérées curieusement et la mission des juges qui est partie à Ouagadougou a été envoyée par les autorités du pays pour inculper Dadis », estime le leader de l’UFDG, quis e demande : « Pourquoi deux semaines avant son retour, on envoie des juges pour l’inculper sur place ? »

Une décision saluée par les défenseurs des droits de l’homme

En revanche, c’est un soulagement pour les associations guinéennes de défense des droits de l’homme. Abdoul Gadieri Diallo, porte-parole de l’OGDH, l’Organisation guinéenne des droits de l’homme y voit un signe encourageant. « Ça nous amène à penser que personne n’est au-dessus de la loi et que à chaque fois que des situations comme ça se présentent, on devrait procéder de la même manière », juge-t-il. « Bon, l’inculpation elle-même ne signifie pas qu’il est condamné ou qu’il est formellement accusé mais nous espérons qu’en tant que président à l’époque des faits et en tant que chef des forces armées, il va être très difficile pour monsieur Dadis Camara d’échapper à la rigueur de la justice. »

Même son de cloche du côté de la FIDH, pour qui cette inculpation est un signal fort dans ce pays où l’impunité a longtemps dominé. Florent Geel, directeur Afrique à la Fidh, « Cette inculpation est un fait majeur dans la vie politique guinéenne, un fait qui signifie une chose très simple : on ne peut plus impunément ordonner la violence politique et faire ne sorte d’utiliser la violence pour conserver ou conquérir le pouvoir. En cette année électorale ce message est absolument fondamental et très important car la Guinée a besoin de paix, de stabilité de calme, et non d’aventures d’individus à la tête de l’Etat ou à la tête d’un putsch militaire. »

Dadis Camara inculpé dans l’affaire du massacre du 28 septembre

L’ancien chef de la junte guinéenne, le capitaine Moussa Dadis Camara, a été inculpé par la justice mercredi 8 juillet à Ouagadougou, où ce responsable politique est établi. Information confirmée par son avocat, ainsi que des militants de son parti. Cette inculpation fait suite à la visite la semaine dernière en Guinée de la procureure de la Cour pénale internationale, Fatou Bensouda, qui a salué des « progrès importants et encourageants » dans l’enquête sur le massacre.

Jusqu’à présent, Moussa Dadis Camara avait été entendu en temps que témoin dans l’affaire du stade du 28 septembre. Mercredi 8 juillet, il a été interrogé en tant qu’acteur, pendant plus de deux heures, par deux juges d’instruction et un procureur guinéens.

Les faits remontent au 28 septembre 2009, jour de fête nationale. Des partis d’opposition appellent à un rassemblement pacifique dans un stade de Conakry. Mais des militaires et des forces de sécurité répriment brutalement cette manifestation. Le bilan est lourd : il y a au moins 156 personnes tuées et 109 victimes de viols.

En février 2010, la justice guinéenne ouvre une instruction sur ce massacre. Plusieurs hauts responsables du CNDD (le Conseil national pour la démocratie et le développement) sont cités, dont le capitaine Moussa Dadis Camara, qui était alors le commandant en chef des forces armées. Une commission rogatoire pour meurtre, complicité d’assassinat et de viol est alors lancée à son encontre.

Retour en politique

Fraîchement de retour sur la scène politique, Moussa Dadis Camara a toujours clamé son innocence. Son inculpation se télescope avec les prémisses de la campagne électorale d’octobre. Ses proches dénoncent une volonté de le détourner de ses ambitions politiques.

Cellou Dalein Diallo, le président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), à qui Dadis Camara s’est allié dans le cadre de son retour, dénonce une manipulation politique. « J’ai toujours lutté contre l’impunité mais je suis contre l’instrumentalisation de la justice à des fins politiques. Et c’est ce qui arrive malheureusement depuis que Dadis a décidé de s’engager en politique, il a décidé de nouer une alliance avec l‘UFDG. Les choses se sont accélérées curieusement et la mission des juges qui est partie à Ouagadougou a été envoyée par les autorités du pays pour inculper Dadis », estime le leader de l’UFDG, quis e demande : « Pourquoi deux semaines avant son retour, on envoie des juges pour l’inculper sur place ? »

Une décision saluée par les défenseurs des droits de l’homme

En revanche, c’est un soulagement pour les associations guinéennes de défense des droits de l’homme. Abdoul Gadieri Diallo, porte-parole de l’OGDH, l’Organisation guinéenne des droits de l’homme y voit un signe encourageant. « Ça nous amène à penser que personne n’est au-dessus de la loi et que à chaque fois que des situations comme ça se présentent, on devrait procéder de la même manière », juge-t-il. « Bon, l’inculpation elle-même ne signifie pas qu’il est condamné ou qu’il est formellement accusé mais nous espérons qu’en tant que président à l’époque des faits et en tant que chef des forces armées, il va être très difficile pour monsieur Dadis Camara d’échapper à la rigueur de la justice. »

Même son de cloche du côté de la FIDH, pour qui cette inculpation est un signal fort dans ce pays où l’impunité a longtemps dominé. Florent Geel, directeur Afrique à la Fidh, « Cette inculpation est un fait majeur dans la vie politique guinéenne, un fait qui signifie une chose très simple : on ne peut plus impunément ordonner la violence politique et faire ne sorte d’utiliser la violence pour conserver ou conquérir le pouvoir. En cette année électorale ce message est absolument fondamental et très important car la Guinée a besoin de paix, de stabilité de calme, et non d’aventures d’individus à la tête de l’Etat ou à la tête d’un putsch militaire. »

jeudi 11 juin 2015

Une nouvelle ligne de chemin de fer va relier Addis-Abeba à Djibouti

Le président éthiopien et le Premier ministre djiboutien assisteront, jeudi 11 juin, à la pose du dernier tronçon de la ligne de chemin de fer qui reliera en 2016 les deux pays. Elle devrait accélérer les échanges entre les deux voisins dont l’économie est en pleine croissance.

L’ambition de Djibouti et de l’Ethiopie est de faire renaître la vieille ligne de chemin de fer construite en 1917. Longue de plus de 700 km entre Djibouti et Addis-Abeba, elle était quasiment à l’arrêt depuis des années.

Le transport de marchandises se fait pour le moment par la route, montagneuse et surchargée, et dure en moyenne quarante-huit heures.

L’Ethiopie, dont l’économie est l’une des plus performantes sur le continent avec 10% de croissance en 2014, retrouve un accès rapide à la mer.

Le futur train électrique reliera Addis-Abeba au port de Djibouti en sept heures seulement.

De son côté, Djibouti renforce sa position stratégique sur le golfe d’Aden et voit se concrétiser son rêve de devenir la porte d’entrée de l’Afrique de l’Est, en particulier pour les importations asiatiques.

D’ailleurs, c’est bien une ambition chinoise qui s’exprime aussi à travers ce projet. La China Civil engineering Construction Corporation mène les travaux et la banque d’import-export Exim Bank les financent à

hauteur de 4 milliards de dollars.

Et les ouvriers chinois s’affairent déjà sur le port de Doralé à Djibouti, pour construire le nouveau terminal dédié aux porte-conteneurs venus d’Asie.

Opérationnelle dès 2016, la ligne Djibouti – Addis-Abeba devrait absorber 3 500 tonnes de marchandises en provenance du port de Djibouti et accélérer les flux de marchandises, activité vitale pour le pays côtier, qui accueille 90% des importations éthiopiennes.

Mais l’ambition continentale de Djibouti et des Chinois ne s’arrête pas là. Un projet phare prévoit la mise en place à terme d’un réseau de près de 5 000 km de rails, divisés en huit corridors reliant le Kenya, le Sud-Soudan et le Soudan à Djibouti.

Une nouvelle ligne de chemin de fer va relier Addis-Abeba à Djibouti

Le président éthiopien et le Premier ministre djiboutien assisteront, jeudi 11 juin, à la pose du dernier tronçon de la ligne de chemin de fer qui reliera en 2016 les deux pays. Elle devrait accélérer les échanges entre les deux voisins dont l’économie est en pleine croissance.

L’ambition de Djibouti et de l’Ethiopie est de faire renaître la vieille ligne de chemin de fer construite en 1917. Longue de plus de 700 km entre Djibouti et Addis-Abeba, elle était quasiment à l’arrêt depuis des années.

Le transport de marchandises se fait pour le moment par la route, montagneuse et surchargée, et dure en moyenne quarante-huit heures.

L’Ethiopie, dont l’économie est l’une des plus performantes sur le continent avec 10% de croissance en 2014, retrouve un accès rapide à la mer.

Le futur train électrique reliera Addis-Abeba au port de Djibouti en sept heures seulement.

De son côté, Djibouti renforce sa position stratégique sur le golfe d’Aden et voit se concrétiser son rêve de devenir la porte d’entrée de l’Afrique de l’Est, en particulier pour les importations asiatiques.

D’ailleurs, c’est bien une ambition chinoise qui s’exprime aussi à travers ce projet. La China Civil engineering Construction Corporation mène les travaux et la banque d’import-export Exim Bank les financent à

hauteur de 4 milliards de dollars.

Et les ouvriers chinois s’affairent déjà sur le port de Doralé à Djibouti, pour construire le nouveau terminal dédié aux porte-conteneurs venus d’Asie.

Opérationnelle dès 2016, la ligne Djibouti – Addis-Abeba devrait absorber 3 500 tonnes de marchandises en provenance du port de Djibouti et accélérer les flux de marchandises, activité vitale pour le pays côtier, qui accueille 90% des importations éthiopiennes.

Mais l’ambition continentale de Djibouti et des Chinois ne s’arrête pas là. Un projet phare prévoit la mise en place à terme d’un réseau de près de 5 000 km de rails, divisés en huit corridors reliant le Kenya, le Sud-Soudan et le Soudan à Djibouti.