En Afrique plus qu’ailleurs, les patrons ont la cote. Normal, créer sa société est souvent le seul moyen de décrocher un emploi. Mais rarement de faire fortune…
Si en France les patrons ont parfois le sentiment d’être pris pour des “pigeons”, malmenés par la presse et mal-aimés par leurs concitoyens, en Afrique la donne est bien différente. Selon le “Rapport mondial sur l’entrepreneuriat” concernant 73 pays, dont l’Angola, le Botswana, le Cameroun, le Burkina Faso et l’Afrique du Sud en 2014, les Africains seraient, toutes régions confondues, ceux qui ont la meilleure opinion des chefs d’entreprise.
Créer sa société est vu “comme un bon choix de carrière dans la plupart des économies africaines passées au crible, contrairement à ce que l’on observe en Europe”, notent les auteurs de l’étude, qui constatent un intérêt marqué des médias locaux pour les success-stories entrepreneuriales.Naturellement, c’est aussi en Afrique que le taux de “jeunes” entrepreneurs, c’est-à-dire les adultes de 18 à 64 ans sur le point de démarrer ou gérant leur entreprise depuis moins de trois ans et demi, est le plus élevé.
Il est de 37,4 % au Cameroun, de 35,5 % en Ouganda et de 32,8 % au Botswana. Dans les pays examinés par l’étude, seul l’Équateur (32,6 %) fait aussi bien. À titre de comparaison, ce taux est de 7,8 % dans l’Union européenne. Il apparaît donc clairement qu’en Afrique le manque de débouchés dans le secteur formel pousse un certain nombre d’individus à se lancer. Si les hommes sont plus nombreux, l’écart entre les deux sexes est proportionnellement moins grand que dans les autres régions.
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