Le président François Hollande a déclaré mercredi 15 juillet que des actes terroristes avaient été déjoués cette semaine en France. Quatre personnes qui projetaient une action terroriste contre des installations militaires ont été placées en garde à vue, a précisé dans la soirée le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve.
Quatre personnes ont été interpellées lundi 13 juillet alors qu’elles projetaient de commettre une action terroriste contre des installations militaires. Elles ont été placées en garde à vue dans les locaux de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Selon une source proche de l’enquête, les suspects auraient projeté de décapiter un militaire gradé et de filmer la scène. D’après le ministre de l’Intérieur, ils voulaient également s’en prendre à des installations de l’armée française.
Les interpellations ont eu lieu lundi à l’aube « en quatre points différents du territoire » par des agents de la DGSI, dans le Nord, en région parisienne, près de Lyon et près de Marseille, dans le cadre d’une enquête préliminaire ouverte le 23 juin pour « association de malfaiteurs en vue de préparer un acte de terrorisme », a indiqué le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve. C’est la surveillance du principal suspect qui a conduit à l’ouverture de cette enquête et permis d’identifier les trois autres personnes.
Les suspects, dont l’un est un ancien militaire réformé de la marine nationale, sont âgés de 16 à 23 ans. Celui qui est présenté comme « le principal instigateur » était connu pour ses liens avec la mouvance jihadiste. Il était surveillé depuis fin 2014 pour son « activisme sur les réseaux sociaux » et ses liens avec des jihadistes aujourd’hui incarcérés. Il avait été signalé pour ses « velléités de départ en Syrie » et avait fait l’objet d’un entretien administratif. Si les individus ont été arrêtés à quatre endroits différents sur le territoire français, ils préparaient, semble-t-il, une action concertée.
Un lien avec Saint-Quentin-Fallavier ?
Une telle communication autour d’un événement qui n’a pas eu lieu est assez inhabituelle de la part des autorités. D’ordinaire, l’exécutif parle peu des attentats déjoués, et de manière vague. Lors de son interview du 14 juillet, le président avait ainsi seulement mentionné que « toutes les semaines », des actes terroristes sont « empêchés », sans plus de précisions. Mais depuis, la piste criminelle concernant la double explosion intervenue mardi sur un site pétrochimique dans le sud-est du pays a été confirmée.
C’est en répondant à une question portant sur cet incendie que le président François Hollande, alors en déplacement à Marseille avec son homologue mexicain Enrique Pena Nieto, a précisé mercredi que des attentats avaient été déjoués cette semaine. Le directeur général du parti Les Républicains Frédéric Péchenard, ancien directeur général de la police nationale (DGPN), y voit une récupération politique : « Il y a une volonté de communication politique et non pas de communication antiterroriste. On voit bien que l’unité nationale tant défendue par le Parti socialiste vole en éclats aujourd’hui, puisqu’il y a une volonté d’appropriation politique, probablement pour masquer un certain nombre d’échecs du gouvernement », a-t-il lancé ce jeudi.
Le gouvernement voudrait en somme montrer qu’il obtient des résultats. Mercredi soir, le ministre de l’Intérieur n’a d’ailleurs pas manqué de féliciter les services de renseignement et de rappeler les mesures prises depuis le début du quinquennat pour lutter contre le terrorisme. Ceci étant, en l’état, rien ne permet de privilégier la piste terroriste à Berre-l’Etang et rien ne relie les quatre suspects arrêté à cet acte. Les attaques déjouées rappellent cependant l’attaque d’un autre site industriel, celui de Saint-Quentin-Fallavier fin juin.