Au Népal, le bilan du tremblement de terre a atteint ce vendredi 1er mai les 6200 morts, chiffre toujours provisoire, près d’une semaine après la catastrophe. Les secours n’ont pas encore atteint les villages les plus reculés. A Katmandou, la capitale, les secours s’activent depuis cinq jours maintenant au milieu des ruines. Et ils ont retrouvé des survivants sous les décombres. Une femme il y a quelques heures, et un adolescent plus tôt.
Cela faisait plusieurs jours qu’ils continuaient à fouiller parmi les décombres d’un hôtel de Katmandou, rapportent nos envoyés spéciaux à Katmandou, Daniel Vallot et Richard Riffonneau. Un hôtel totalement détruit par le séisme. Jeudi matin, en sondant un espace situé sous une dalle de béton, ils ont pu entendre la voix d’un homme coincé sous les débris. « J’ai rampé jusqu’à lui… je me suis approché de lui et je lui ai donné de l’eau. Il pouvait me parler, je lui ai demandé son nom, son adresse. A un moment il s’est mis à chanter, d’une toute petite voix, il me disait : ‘c’est Dieu qui t’envoie pour me sauver’ De temps à autre il perdait connaissance, mais je le réveillais et je lui disais qu’on était proches de lui. Il a nous fallu cinq heures pour le sauver et pour le tirer de là », raconte Laxman Basnet, le secouriste népalais qui s’est chargé de le sortir des décombres.
La deuxième personne est une femme retrouvée indemne grâce à un système d’écoutes, utilisé cette fois par des secouristes français. Les secouristes étrangers et népalais continuent de fouiller les décombres sur plusieurs dizaines de sites à Katmandou. A chaque fois, les opérations sont suivies par des dizaines, voire des centaines de personnes qui attendent des heures à distance, dans l’espoir d’un nouveau sauvetage.
Depuis 48 heures, les conditions météo étaient un peu plus clémentes pour les sauveteurs qui bénéficient en outre du matériel apporté par les équipes venues des Etats-Unis, de France et d’ailleurs. Mais parmi les Népalais, nombreux sont ceux qui déplorent l’absence totale de secours à l’extérieur de Katmandou. La plupart des moyens, disent-ils, sont concentrés sur la capitale et rien n’est fait pour venir en aide aux autres régions népalaises touchées par le séisme.
Le Népal craint une épidémie de choléra
Si on assiste encore à des miracles, Katmandou reste plongée dans le chaos. Des dizaines de milliers de personnes continuent à dormir dans la rue, témoigne notre envoyé spécial Sébastien Farcis, car leur maison a été détruite ou qu’ils ont trop peur d’y retourner. Dans le plus grand camp de réfugiés, situé sur un terrain de sport du centre, plus de 5 000 personnes séjournent toujours – plus de 100 000 y ont été accueillis dans les deux premiers jours. Devant le petit stand de Helping Hand, une association venue du Pakistan pour fournir des premiers soins aux réfugiés, plus d’une centaine de personnes aux habits abimés et à la mine fatiguée font la queue. Une femme âgée vient de rencontrer le médecin pendant deux minutes, et attend maintenant pour recevoir ses médicaments. « Je souffre de nausées depuis plusieurs jours, et cela m’empêche de dormir. J’ai également mal au dos et aux articulations », se lamente-t-elle.
La dame repart doucement vers sa tente avec une dizaine de pilules dans la main, dont celles qui lui permettront de se réhydrater. Les contaminations à l’eau risquent cependant d’augmenter, craint le Dr Jha, un interne venu dans le camp distribuer des masques et des solutions de purification d’eau : « Mardi, les réfugiés ont utilisé de l’eau d’une citerne pour boire qui n’était pas très pure. Depuis ce matin, il y a des bouteilles, mais pas en nombre suffisant. Et pas assez pour se laver les mains. Je crains l’émergence de tuberculose et de choléra, car il n’y a que trois toilettes pour tous, et tout le monde utilise les mêmes robinets. Si une personne l’attrape, cela peut se propager à tout le monde». Les hôpitaux ont déjà noté une croissance de cas de diarrhées et de typhoïdes, les malades d’aujourd’hui viennent donc se rajouter aux blessés d’hier. »
Vendredi, le nombre de morts a atteint le seuil de 6200 morts, un bilan encore provisoire. Parmi les personnes qui ont perdu la vie dans la catastrophe, il y a au moins trois Français. Pour le Quai d’Orsay, de nouvelles victimes sont à craindre. Le ministère des Affaires étrangères organise le retour de ses ressortissants. Plus de 200 ont atterri tôt ce jeudi matin à Roissy.
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