mercredi 12 août 2015

Boni Yayi s’efforce de convaincre les Hollandais

Le détournement des fonds destinés à l’eau et à l’assainissement continue de susciter des vagues. Après la transmission du dossier à l’Assemblée nationale, le Président de la République donne l’impression de mettre la pression sur le Parlement comme s’il craignait que les députés ne fassent diligence afin que l’immunité parlementaire de Barthélémy Kassa soit levée pour qu’il soit jugé par la Haute Cour de Justice. Tout porte à croire que Boni Yayi cherche à dégager ses responsabilités et à surtout convaincre les partenaires hollandais qu’il ne veut rien faire pour protéger les présumés coupables cités dans cette affaire de détournement de fonds.

On a des raisons de croire que le Président Yayi n’est pas encore assuré que les partenaires hollandais croient en sa bonne foi et surtout pensent qu’il est prêt à livrer les présumés coupables à la justice. Après les décisions du Conseil des ministres qui ont recommandé la suspension et la radiation des fonctionnaires et les hauts cadres impliqués dans cette affaire, le Chef de l’Etat à travers des courriers, met la pression sur le Parlement. Boni Yayi donne l’impression d’être pressé de voir le règlement de ce dossier et notamment la levée de l’immunité de l’ancien ministre Barthélémy Kassa qui pourrait répondre des faits qu’on lui reproche devant la Haute Cour de Justice. Boni Yayi veut non seulement dégager sa responsabilité mais il veut emmener les partenaires hollandais à revoir leur position, à croire que tous les coupables seront punis pour que les Pays-Bas ne suspendent pas leur coopération avec le Bénin.

Le dossier suit son cours. Cependant la pression sur le Parlement et les multiples déclarations du Chef de l’Etat ne suffisent pas pour blanchir le gouvernement qui selon bien d’observateurs a une part de responsabilité dans cette affaire rocambolesque. Il s’agit de plusieurs milliards détournés et un Etat sérieux devrait au préalable mettre en place les dispositifs qu’il faut pour éviter un tel forfait. D’autres autorités bien que non citées, sont doigtées par les citoyens. Mais il n’y a que la justice qui au bout des enquêtes peut établir leur culpabilité ou leur innocence. Cette affaire est bien loin de connaître son épilogue.

(Euloge R. GANDAHO/Le Grand Matin

 

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