mardi 25 août 2015

L’art s’installe dans les rues de Kinshasa avec l’atelier Kinact

Jusqu’au vendredi 28 août, la première édition du festival d’art dans la rue, Kinact, investit les quartiers populaires de Kinshasa. Avec des performances et des ateliers, des artistes congolais apportent l’art partout, et surtout, là où on ne l’attend pas.

L’exposition « Beauté Congo » fait salle comble depuis plus d’un mois à Paris : les œuvres de plus de 35 plasticiens congolais ont attiré des dizaines de milliers de spectateurs. A Kinshasa, d’autres artistes congolais ont décidé de prendre le contre-pied de cette rétrospective parisienne, en montrant à un public populaire, et dans la rue, leurs œuvres souvent méconnues des habitants. L’initiative, Kinact, est animée tous les jours dans les quartiers populaires de Kinshasa, ouverts aux enfants et aux adultes.

Ateliers initiatiques

Assis autour de table en plastique, à l’ombre d’une terrasse, les enfants ont la tête penchée, concentrés sur les dessins qu’ils ébauchent à grands coups de feutres. Brandon, 10 ans, dessine une maison « avec une porte et une fenêtre… C’est tout. » La scène se déroule à Matonge, un quartier populaire de la capitale. Le peintre Eddy Ekete et d’autres artistes congolais y animent un atelier gratuit, ouvert à tous avec l’objectif d’initier ces enfants en vacances.

Eddy Ekete doit lutter contre les idées reçues : « Au Congo, quand on dit qu’on est artiste, tout le monde se dit qu’on est musiciens. Alors, on leur dit que l’art, ce n’est pas que la musique. L’art, c’est aussi le dessin, la peinture, la sculpture. Mais c’est un combat, un travail sur le long terme. »

 S’exprimer dans la cité

Le combat passe d’abord par du porte-à-porte pour expliquer la démarche de ce collectif d’artistes qui veut amener l’art partout et surtout, là où on ne le trouve pas comme l’explique l’artiste Kura Shomali, actuellement exposé à la fondation Cartier : « Il n’y a pas de salle de théâtre, ni de salle de cinéma. Il n’y a même pas de foire où les enfants peuvent jouer. Alors, heureusement qu’on les approche dans la cité et qu’on leur propose quelque chose comme la peinture, où ils peuvent s’exprimer. »

Passer le témoin, s’exprimer et ressentir… Chaque jour depuis deux semaines, un quartier kinois rencontre ces artistes locaux entre ateliers et performances. Par exemple cette sculpture géante : une maison constituée de machettes, exposée quelques heures en pleine rue et investie par des musiciens.

L’initiative Kinact se déroule jusqu’à vendredi à Kinshasa. Ce mardi 25 août, les artistes seront près de l’aéroport dans la commune de Ndjili, et jeudi 27 août, au musée d’art contemporain de Kinshasa.

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