Avec un retard de presque quatre ans, Haïti organise ce dimanche 9 août le premier tour des élections législatives. Quelque 5,8 millions d’électeurs sont appelés aux urnes pour renouveler l’ensemble des députés et deux tiers des sénateurs. Depuis janvier, le pays n’a plus de Parlement faute d’avoir organisé les élections à temps. Malgré l’urgence de la situation, les Haïtiens risquent de ne pas se bousculer aux urnes.
Les dernières estimations sont pessimistes : seulement 15 % des Haïtiens inscrits pourraient se déplacer dans les bureaux de vote. Les raisons de ce désintérêt des électeurs sont nombreuses. Il y a d’abord la multiplication des candidatures : plus de 1 800 prétendants se présentent pour les 129 postes parlementaires à pourvoir. Un chiffre sans précédent dans l’histoire électorale haïtienne qui rend le choix difficile. D’autant plus que, faute de moyens, la plupart de ces candidats n’ont pas mené une campagne qui aurait permis aux électeurs de se faire une idée précise de leurs personnalités ou de leurs programmes.
De manière générale, le milieu politique, miné par la corruption et le clientélisme, a mauvaise réputation en Haïti. De nombreux électeurs ne croient plus que leur vote changera leur avenir ou celui de leur pays.
De plus, la campagne, qui a duré un mois, a été émaillée de violences dont ont été victimes certains candidats ainsi que leurs partisans. La police nationale haïtienne est donc sur le qui-vive ce dimanche. Le port d’arme et la vente d’alcool sont interdits jusqu’à lundi soir et les boîtes de nuit restent fermées afin d’assurer la sécurité des électeurs et le bon déroulement du scrutin.
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