En Afrique du Sud, la justice tient tête au gouvernement. Le président de la Cour suprême a demandé à rencontrer le président de la République Jacob Zuma après de vives critiques au sujet de l’affaire Omar el-Béchir. Le président soudanais avait, en effet, pu quitter l’Afrique du Sud, où il était en visite dans le cadre d’un sommet de l’Union africaine, malgré une interdiction de la Haute Cour de Pretoria.
L’affaire Omar el-Béchir a suscité un vrai conflit entre la justice et le pouvoir. Pretoria a laissé partir le président soudanais, malgré un ordre de la Haute Cour de Pretoria et depuis, les alliés du gouvernement sont mobilisés pour saper l’autorité de la justice.
A commencer par le secrétaire général de l’ANC, le parti au pouvoir, Gwede Mantashe qui a publiquement déclaré que la justice avait outrepassé son autorité dans cette affaire. Suivi du Parti communiste, allié du gouvernement, qui accuse la justice d’être biaisée, et de rouler pour l’opposition. Des petites phrases prononcées à droite et à gauche qui affaiblissent la crédibilité des juges.
Aussi une vingtaine d’entre eux, les plus importants de la profession, se sont mobilisés et ont demandé à rencontrer le chef de l’Etat. Pour le président de la Cour suprême, Mogoeng Mogoeng, ces critiques et surtout le non-respect des lois sapent la légitimité du système judiciaire, mais surtout représentent une menace pour la démocratie si durement acquise en Afrique du Sud.
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