vendredi 10 juillet 2015

Rwanda: débat au Parlement mardi sur la levée de la limitation des mandats présidentiels

Le Parlement rwandais débattra mardi du lancement d’une procédure de révision constitutionnelle, réclamée par près de 4 millions de pétitionnaires Rwandais et visant à supprimer la limitation du nombre de mandats présidentiels et permettre au président Paul Kagame de se représenter en 2017.

Selon le calendrier hebdomadaire du Parlement publié vendredi, la séance du 14 juillet – concomitamment mais séparément à la Chambre des députés et au Sénat – sera consacrée à “l’examen en substance des demandes de Rwandais portant sur l’amendement de l’article 101 de la Constitution”, qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels au Rwanda.

Selon la presse rwandaise, plus de 3,7 millions de Rwandais (sur un corps électoral d’environ six millions de personnes) ont signé des pétitions demandant au Parlement de modifier cet article qui interdit en l’état à Paul Kagame, élu en 2003 et réélu en 2010, de briguer un troisième mandat en 2017.

Nombre d’observateurs doutent toutefois de la spontanéité de cet engouement et y voient la main des autorités, dans un pays sans véritable opposition, où l’hégémonique Front patriotique rwandais (FPR), ex-rébellion menée par Paul Kagame et parti au pouvoir depuis 1994, est présent à tous les échelons de la société.

M. Kagame est le véritable homme fort du pays depuis que le FPR a chassé en juillet 1994 le régime extrémiste hutu et mis fin au génocide déclenché en avril précédent (environ 800.000 morts essentiellement au sein de la minorité tutsi).

Vice-président et ministre de la Défense entre 1994 et 2003, M. Kagame est élu chef de l’État cette année-là avec 95% des voix et réélu tout aussi triomphalement (93%) en 2010. Il est crédité des nombreux progrès économiques du Rwanda depuis la fin du génocide, mais également accusé de diriger son pays d’une main de fer et d’étouffer toutes voix discordantes.

Selon la Constitution rwandaise, une révision constitutionnelle peut être proposée par le président de la République ou par un vote des deux-tiers des députés ou des sénateurs.

Pour être adoptée, elle doit recueillir les trois-quarts des votes de la Chambre des députés et du Sénat – tous deux très largement dominées par le FPR et ses alliés. La révision en question concernant le mandat du président, elle devra en outre être ensuite approuvée par référendum.

A l’exception du Parti démocratique vert, petite formation d’opposition qui a déposé un recours devant la Cour suprême pour empêcher le Parlement d’entamer le processus de révision, l’ensemble de la classe politique rwandaise s’est dit favorable à cette réforme.

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