vendredi 24 avril 2015

Le Togo veut tourner la page des années de violence

Dans les ruelles populeuses du grand marché de Lomé, à deux jours de l’élection présidentielle du 25 avril, une scène d’apparence anodine ne cesse d’étonner Michel, un vendeur de statuettes en bois. Des partisans du candidat et président sortant togolais, Faure Essozimna Gnassingbé, tout de bleu vêtus, arrêtent leurs petites motos chinoises. Ils saluent, embrassent et charrient gentiment leurs adversaires bardés de foulards orange qui ne jurent que par leur champion : Jean-Pierre Fabre.

Cet homme était opposant déjà au temps du père de Faure, Gnassingbé Eyadema, avant de monter en première ligne contre le fils héritier dont la famille monopolise le pouvoir dans ce petit pays d’Afrique de l’Ouest depuis quarante-huit ans. « C’est inédit, ici, autant de calme avant une élection. On dirait que l’on commence à ôter de nos esprits qu’une élection correspond obligatoirement à un moment de terreur. Mais on a quand même peur des violences à venir », ajoute Michel, en insistant pour conserver son anonymat de « faible commerçant ».

« Passé pesant »Michel rappelle que l’histoire politique du Togo, première ancienne colonie française à avoir connu un coup d’Etat après les indépendances de 1960, « déborde de violences électorales », de tentatives de putsch réelles ou imaginaires et d’autant de répressions. Le curriculum vitae de Faure Gnassingbé, 48 ans, en témoigne. Son accession au pouvoir en 2005, au lendemain de la disparition subite de son père, demeurera à jamais entachée d’un péché originel : plusieurs centaines de Togolais…

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