Roger Stanislas Tohon (son vrai nom) a opté pour le « tchink système », une version revue, corrigée et électrifiée du « tchinkounmey », un rythme du Centre du Bénin modernisé par Anatole Alokpon dans les années 1960/1970.
Le roi du tchink system
En 1978, lorsque Stan Tohon décide de rompre avec la musique de variété et les interprétations de James Brown ou Otis Redding, le jeune artiste découvre dans la région des collines Savalou, les percussions à base d’eau. une musique sacrée qui servait à chasser le mauvais sort après un décès. Cette musique est appelée « Tchinkoumé ». Avec le temps, elle se transforme en musique de réjouissance populaire. Il crée alors le le tchink system, une orchestration à base d’instruments occidentaux du « Tchinkoume » à base de percussions aquatiques et de gota (grosse gourde) raclée et frappée à l’aide d’un gros chiffon en forme d’éventail. Les spectacles de Stan Tohon où il s’impose par sa voix puissante, sa taille imposante et sa coiffure extravagante rendent compte de cette forte attache aux rythmes vaudou. En 1991, il triomphe avec « Zémidjan » (il s’illustrera également par le titre « Solo »), un hommage au « taxi-moto » de Cotonou et à la débrouillardise. La couverture internationale que lui procure ce tube fait découvrir au monde ce style électrique puisant au cœur des rythmes vaudou.
Pourtant en 2000 éclate l’affaire « Orè Tito » : l’artiste béninois Jean Godonou Dossou qui a travaillé à cet album avec Tohon Stan accuse ce dernier d’avoir exploité l’oeuvre de manière abusive et d’avoir vendu la licence de ce dernier à un studio togolais. L’affaire se soldera par un procès.
Un an plus tard sort l’album « Votété kô vo » : Tohon Stan, le roi du Tchink System donne à cette occasion un concert au Stade de l’Amitié de Cotonou en compagnie de plusieurs jeunes artistes de la scène béninoise et du comédien Dah Badou.
Rap et raggamuffin
En 2003, « Résurrection » offre de nouvelles sonorités : influencé par les riffs de guitare à la Santana et le sax de Manu Dibango, l’album est également marqué par le rap et le raggamuffin. A sa sortie de l’hôpital après une longue maladie, il décide de créer une fondation d’assistance aux artistes en difficulté sanitaire dont les principales recettes sont générées par les concerts des artistes béninois. Il contribue également la même année à la création du SNAMB (Syndicat National des Artistes Musiciens du Bénin. TV5 lui consacre un documentaire de 90 minutes.
En 2004, Tohon Stan lance son 27ème album, « Non à la violence » qui dénonce les violences au Bénin et en Afrique. « Non à la violence » sera suivi d’un concert géant à Cotonou. Composé de plus de sept titres, « Non à la violence » contient quelques remix des chansons de l’album précédent « Résurrection ».
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