Adoré autant que vilipendé, sujet à polémique tant pour ses déclarations que pour ses chansons, le rappeur français Booba réussit à la fois à vendre des disques et à faire parler de lui. Si elles n’ont pas grand-chose de consensuel, les 19 chansons de D.U.C., son septième album, ne se distinguent pas non plus par leur consistance.
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Ça commence presque comme une incantation, puisque Booba en appelle aux “Étoiles et constellations”. Mais très vite, à peine le premier morceau vient-il de démarrer, que la nécessité de marquer son territoire s’impose : “D.U.C. à l’entrée du domaine, retiens ces lettres de noblesse”.
Accès interdit à ceux qui ne connaissent pas les codes pour décrypter la prose de l’autoproclamé Duc de Boulogne-Billancourt (ville de banlieue parisienne) et ne se sont pas habitués aux effets sur la voix du logiciel Auto Tune, utilisé comme un vocodeur moderne. La déformer, la tordre pour qu’elle ait la sonorité voulue, sans trop se poser la question de son audibilité, comme sur Tony Sosa, sorte de hachis parmentier verbal.
La démarche s’inscrit dans une forme de rupture : dans l’histoire du disque et de l’enregistrement, longtemps, les chanteurs ont cherché le moyen de pouvoir restituer leur timbre aussi fidèlement que possible… Aujourd’hui, se changer en robot parlant comme le rappeur français exilé outre-Atlantique est même une source de tutoriels sur Internet !
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